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  Mon histoire n’est pas encore écrite de Jacqueline Gozland

A travers les témoignages notamment de Jean-Michel Arnold qui en fut l’animateur jusqu’en 1970, sous le mandat de son premier directeur Ahmed Hocine, un ancien élève de l’Idhec à Paris, d’Ahmed Bedjaoui qui y a fait ses classes avant de rejoindre la télévision (RTA) où il a animé le fameux Télé ciné club, avant de produire des émissions et des films, du critique de cinéma Jean Douchet ou de Merzak Allouache qui confie tout ce qu’il doit aux projections de la Cinémathèque dans sa formation de cinéaste, Mon histoire n’est pas encore écrite de Jacqueline Gozland ravive les braises du souvenir et éclaire des pans d’histoire de ce qui fut la plus illustre école de cinéma des trois premières décennies de l’Algérie indépendante.

La Cinémathèque algérienne a été inaugurée le 23 janvier 1965. L’établissement est né à l’instigation de Mohammed Sadek (dit Mahieddine) Moussaoui, l’un des acteurs du service d’information du FLN durant la guerre, qui sera nommé à la tête du nouveau Centre national du cinéma jusqu’en 1965. Sise au 26, rue Larbi Ben M’hidi (ex-rue d’Isly) en lieu et place de l’ex-Club, elle a d’abord été dirigée par Ahmed Hocine et animée par Jean-Michel Arnold, venu de la Cinémathèque française. L’équipe comptait en outre le photographe Daniel Leterrier et le concepteur d’affiches François Roulet.

Jusqu’en 1969, pour sa programmation, la Cinémathèque comptait surtout sur des copies prêtées par les distributeurs privés et, pour ses fameux cycles consacrés aux grands cinéastes, il était courant de faire appel à la Cinémathèque française d’Henri Langlois, qui en retour recevait des copies de films si besoin était, comme ce fut le cas pour une vaste rétrospective Youssef Chahine à Paris.

En plus de la salle principale du 26, rue Larbi Ben M’hidi, la Cinémathèque a rapidement ouvert d’autres salles de répertoire à Alger, avec le Français, rue Khelifa Boukhalfa (ex-Clausel), mais aussi à Oran et Constantine.

Pour mémoire, une rétrospective du Cinéma africain fut organisée à la Cinémathèque d’Alger, lors du premier Festival culturel panafricain de 1969. On pouvait notamment y voir l’ensemble des films algériens réalisés entre 1962 et 1969 en même temps que des films de Youssef Chahine, d’Henry Barakat et de Salah Abou Saïf (Egypte), d’Ousmane Sembène et de Paulin Soumanou Vieyra (Sénégal), de Mustapha Alassane et Oumarou Ganda (Niger) et de Désiré Ecaré (Côte d’Ivoire), souvent en présence des cinéastes.

Jean-Michel Arnold quitte Alger en 1970. Boudjemâa Kareche poursuivra ce travail de diffusion et de transmission, développant au passage une vaste collection de films arabes et africains, jusqu’en 2004. Au plus fort de la décennie 1980, la Cinémathèque a programmé jusqu’à dix sept salles à travers le pays.

L’une des grandes singularités du fonctionnement de la Cinémathèque fut que, grâce à son instigateur Mahieddine Moussaoui, l’établissement est exempté des procédures de visa pour les films projetés. L’autre singularité tint longtemps à une réputation internationale née du vertige de débats très animés autour des films.

La Cinémathèque a surtout permis au public d’Alger, mais aussi d’Oran et de Constantine, de rencontrer les plus grands cinéastes comme Josef von Sternberg, Nicholas Ray, Joseph Losey, Luchino Visconti, Roberto Rosselini, Jean-Luc Godard, Werner Herzog, Alain Tanner, Jean-Claude Chabrol, Youssef Chahine, Ousmane Sembene, Mustapha Alassane et Med Hondo.

Avec un fonds estimé à quelque 10.000 longs métrages et 5.000 courts métrages, une collection de photographies et d’affiches ainsi qu’un centre documentation - bibliothèque, la Cinémathèque algérienne a fêté son 50e anniversaire en 2015, avec l’exposition "La Saga de la création de la cinémathèque algérienne" au Musée d’art moderne et contemporain d’Alger. Le documentaire de Jacqueline Gozland est construit autour de témoignages, recueillis pour une bonne part à cette occasion.

Née à Constantine, Jacqueline Gozland a fait des études d’histoire et de cinéma. Auteure de films de fiction et de documentaires, on lui doit entre autres Reinette l’Oranaise, le port des amours (1997). (Crédit Photo : DR)



- 6 décembre 2018, séance en présence de la réalisatrice, Paris / Cinéma Saint André des Arts / Maghreb des films
- 21 - 27 mars 2018, Festival d’Annaba du film méditerranéen
- Cairo International Film Festival 2017
- Festival Ritrovato de Bologne 2017


- 24 février 2018 à 19 h 25, 7 mars à 12 h 10 sur Ciné+ Classic
- 1ère diff. TV : 5 décembre 2017 à 4 h 50 sur Ciné+ Club



Mon histoire n’est pas encore écrite de Jacqueline Gozland
(Doc., 76 min., Fr, 2017)

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