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  Djamel Allam se porte bien

La rumeur qui s’est propagée le 19 août, donnant Djamel Allam pour mort, a finalement été démentie dans la soirée, par le chanteur lui-même qui rentrait d’un séjour en France pour des soins intensifs. C’est ce qu’on pouvait lire dans les colonnes de L’Expression. L’occasion pour nous de nous réjouir pour notre ami et de lui souhaiter un prompt rétablissement.

"Je ne suis ni musicologue, ni même critique spécialisé, je ne peux donc dire ni le pourquoi, ni le comment, je suis donc incapable d’expliquer Djamel Allam", écrivait à son sujet feu l’écrivain-conteur Jean-Pierre Chabrol. "Son chant me descend directement de l’oreille dans le coeur, délicieusement, je ferme les yeux et je vois courir des pieds nus sur la rocaille kabyle, et des baskets sur les pavés de Bab el-Oued, je hume la menthe, la coriandre et le nuage blond des Marlboro de contrebande".

Auteur de sept albums et d’un grand nombre de succès, Djamel Allam continue de faire la part belle à des mélodies qui vous campent sur les tempes. Après Gouraya (2000), un opus dédié à la sainte patronne de sa ville de Béjaïa et réalisé avec la complicité de Safy Boutella, et avant Le youyou des anges (2008), Djamel Allam a publié Tella tamkant eg-ul-iw (Il y a une place dans mon cœur, 2006), un coffret de 9 CD représentant l’intégrale de l’œuvre de l’artiste (2006).

Djamel Allam, ce sont des chansons, des ballades et des airs de fête enjoués, où se mêlent l’éblouissement de l’enfance, des réminiscences de soleil, de noces et de henné, de beignets et de café chaud. Des chansons sur la séparation, le départ et l’exil : "un jour tu atteindras Marseille/Les adresses de tes pays/Gravées au fond de ton cœur/Mais déjà tu te devines/Marionnette dérisoire/Entre les mains du diable" ("Argu"). Des réminiscences de violence et de guerre aussi, symbolisées par la complainte de la vieille : "La nuit tu l’imagines/Dévoré par les chacals/Souviens-toi la vieille/Les yeux ouverts, nu/ Son corps est revenu/Ne pleure plus la vieille/Ton fils est revenu" ("Ourestrou"). Mais il chante aussi l’espoir de jours de joie, de liesse, de retrouvailles. Dans "Ghani Llah", il écrit à qui veut l’entendre : "Elle m’a offert un poème triste/Que j’ai uni à une musique gaie/Sa violence fait dire aux gens attentifs/Que le monde va sûrement changer".

Jean-Pierre Chabrol ajoute : "Djamel Allam, c’est un cocktail tendre et violent... c’est une voix et un cœur rare, c’est mon ami. Ecoutez-le, il sera le vôtre. Quand je doute de nous, j’écoute sa voix."

Né en 1947 à Béjaïa, le jeune Mohamed Allam effectue un passage au conservatoire de musique de la ville où il s’initie aux répertoires andalou et chaabi sous la conduite du maître et ténor Sadek el-Bedjaoui (1907-1995). Quittant le pays en 1967, il débarque à Marseille où il est un temps machiniste au Théâtre du Gymnase et où il croise la route de nombreuses têtes d’affiche de la chanson comme Léo Ferré, Georges Brassens, Georges Moustaki, Boby Lapointe et Bernard Lavilliers. Il se rend ensuite à Paris où il s’essaye un temps dans les cabarets de la rue Mouffetard, avec un répertoire de chanson française.

Revenu en Algérie en 1971, il travaille à la radio algérienne et anime "La Voute", un club sur le littoral algérois où il fait ses classes. L’année suivante, Djamel Allam fait sa première grande apparition à Alger, en première partie d’Arezki et Brigitte Fontaine, à la salle El Mouggar. A son retour en France, Claude Villers, avec qui il collabore à l’émission "Pas de panique" sur France Inter, le recommande au producteur des disques Escargot où sont alors publiés François Béranger et le Québécois Gilles Vigneault.

La notoriété vient avec Arjouth, son premier opus en 1974, et surtout avec le succès de Maradioughal (Quand il reviendra), un air régulièrement revisité depuis par des artistes qui l’ont écouté comme Cheb Mami, Zebda, le danseur et chorégraphe Mourad Merzouki et plus récemment Yelli Yelli.

Suivront six autres albums et de nombreux tubes, des musiques de film (Prends dix mille balles et casse-toi, La Plage des enfants perdus), des prestations de comédien au cinéma (Les Sacrifiés, Fort Saganne, Les Folles années du twist, Ali au pays des mirages) et des escapades régulières en Algérie.

Passé derrière la caméra avec un court métrage muet, Banc public (2012), Djamel Allam met en scène une jeune femme assise, toute à ses pensées derrière ses lunettes de soleil. Nombre de passants vont s’efforcer, chacun à sa manière, d’attirer son attention. Sans succès. Le film a obtenu l’Olivier d’or au Festival du film amazigh de 2013 à Tizi Ouzou. (Photo, Djamel Allam, oiseau minéral, de Philippe Etienne, 2005)



Audio > Djamel Allam > Khouya el-Hachemi


Audio > Djamel Allam > Gatlatou


Audio > Djamel Allam > Salimo


Vidéo > Djamel Allam > Argu (Live)


Audio > Djamel Allam > Mara d yughal (Live)


Vidéo > Djamel Allam > Interview et chanson Tella (6’52, RTA, 1974)


- 14 janvier 2013, Projection en présence du réalisateur, Paris / Association de Culture Berbère
- 2 décembre 2012, Maghreb des Films 2012, Paris / Ciné 3 Luxembourg

Banc public
un film de Djamel Allam
(25’, Alg, 2012)
Avec Nora Khadir, Fawzi Saïchi, Boualem Bouzouzou


- En concert : 12 janvier 2014, Gala de Yennayer 2964 (nouvel an berbère), Malika Domrane • Djamel Allam • Djamel Kaloun • Mugar, Tizi Ouzou / Théâtre régional Kateb-Yacine
- 4 octobre 2013, Alger / Salle Ibn-Khaldoun
- 4 septembre 2012, Tizi Ouzou / Maison de la culture Mouloud-Mammeri / 5e Festival de la chanson et de la musique kabyles
- 13 septembre 2011, Béjaïa / Festival de la musique amazigh / Esplanade de la Maison de la culture
- 26 août 2011, Tizi Ouzou / Maison de la culture Mouloud-Mammeri
- 24 août 2011, Alger / Complexe olympique Mohamed-Boudiaf / Chapiteau de la Médina de la Radio algérienne & Nedjma
- 15 août 2011, Béjaïa / Théâtre régional
- 11 août 2011, Alger / Théâtre de verdure
- 29 avril 2011, Villeneuve-la-Garenne / MJC
- 21 novembre 2010, "40 ans de scène" : Djamel Allam & Guests, Paris / Cabaret sauvage
- 12 juin 2010, Festival Guinguettes, Chilly Mazarin, Parc de l’Hôtel de ville, 91380 Chilly Mazarin
- 8 mai 2010, Fontenay-sous-Bois / Salle Jacques-Brel, 94120 Fontenay-sous-Bois
- 19 février 2010, Abalessa / 1er Festival international des arts de l’Ahaggar
- 12 septembre 2009, Djamel Allam • Mouss & Hakim, Rouen / Théâtre Duchamp-Villon / Hangar 23
- 17 juin 2009, Kafe Koefet • Mugar • Djamel Allam, Paris / Cabaret sauvage / Festival celtico-berbère
- 11 juin 2009, Alger / Théâtre de verdure
- 18 mai 2009, Ghardaïa / Festival de la chanson amazighe
- 3 mai 2009, Concert de clôture du Panorama des cinémas du Maghreb, Saint-Denis / Cinéma L’Ecran, 93200 St Denis
- 9 avril 2009, Cabaret sauvage / Les Folles Nuits berbères
- 3 avril 2009, "Hommage à Kamel Hamadi", Zénith de Paris
- 23 et 24 janvier 2009, Paris / Centre Culturel Algérien
- 25 décembre 2008, Tamanrasset / 1er Festival national de la musique et de la Chanson amazighe / Théâtre communal
- 3 juillet 2008, Soirée d’ouverture : Djamel Allam + Amel Tafsout, Fès / 4e Festival international de la culture amazighe
- 10 novembre 2007, Montréal / Salle Le Château, 6956, rue Saint-Denis, Montréal, QC
- 27 octobre 2007, Montpellier / Mairie
- 27 septembre 2007, Alger / Théâtre de verdure - Auditorium
- 24 - 25 juillet 2007, Spectacle "Zarbot’" de Safy Boutella, Alger / Théâtre de verdure



Djamel Allam | جمال علام

Dernier album : Le youyou des anges
(Belda Diffusion, 2008)

- Tella tamkant eg-ul-iw
Coffret 9 CD (CDPA, 2006)
- Gouraya
(Compact/Mélodie, 2000)
- Le Chant des sources
(WMD, 1995)
- Mawlûd
(LPA/Musidisc, 1991)
- Salimo
(Dist. Mélodie, 1985)
- Si Slimane
(1981)
- Argu
(Les Rêves du vent, 1978)
- Arjouth
(Laissez-moi vous raconter, 1974)



Voir : Djamel Allam, oiseau minéral, un portrait documentaire de Philippe Etienne (52 min., Fr, 2005)



Djamel Allam, le Site officiel

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