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  70e Festival de Cannes

Du 17 au 28 mai, le Festival de Cannes fête ses 70 ans. Sur 1 930 films visionnés (1 665 en 2010), 62 films composent la sélection officielle qui comprend notamment les films en compétition, ceux hors compétition, les séances spéciales et la sélection Un Certain regard.
Sur 19 longs métrages en lice, la compétition est dominée par 4 films français, 4 américains, 2 russes, 6 européens et 3 asiatiques. Parmi les candidats à la Palme d’or figure une dizaine d’habitués comme Todd Haynes, Naomi Kawase, Sofia Coppola ou Michel Hazanavicius et surtout Michael Haneke, double Palme d’or et recordman des sélections en compétition avec Happy End, son 7e long-métrage retenu.

Nous attendions beaucoup d’Abdellatif Kechiche qui avait toutes ses chances avec Mektoub is Mektoub, une adaptation de La Blessure, la vraie, le roman de François Bégaudeau (2011). Dans un entretien accordé à Nice-Matin (5 avril), nous apprenions que le cinéaste n’irait pas à Cannes parce qu’à l’arrivée, le projet s’est mué en "deux films indépendants l’un de l’autre", Les dés sont jetés et Pray for Jack et que "cela sort du cadre normal, ce qui a posé un problème avec les contrats. Surtout à France Télévisions". Bloqué au montage, le film intitulé Mektoub, My Love est dans l’attente d’une décision du tribunal de grande instance de Paris.

Grande absente de la compétition cette année, l’Amérique latine est présente dans la sélection Un certain regard (18 films), avec Las hijas de abril (Les Filles d’avril) de Michel Franco (Mexique), La novia del desierto (La Fiancée du désert) de Cecilia Atan et Valeria Pivato (Argentine) et La Cordillera de Santiago Mitre (Argentina). Absente encore l’Afrique d’où viennent En attendant les hirondelles de l’Algérien Karim Moussaoui et Aala kaf ifrit (La Belle et la meute) de la Tunisienne Kaouther Ben Hania.

C’est le réalisateur espagnol Pedro Almodovar qui présidera le jury cette année. Après plusieurs présidents de jury anglo-saxons, "ce cinéaste unique et populaire représente l’Espagne, l’Europe, la surprise, l’incandescence", ont estimé le président et le délégué général de la manifestation. Pedro Almodovar a déjà été membre du jury du Festival de Cannes en 1992, sous la présidence de Gérard Depardieu.
Auteur de vingt longs métrages, cinq fois en compétition à Cannes, avec Tout sur ma mère, Volver, Étreintes brisées, La Piel que Habito et Julieta, Pedro Almodovar n’a jamais obtenu la Palme d’or. Son cinéma a toutefois été récompensé à deux reprises avec Tout sur ma mère, prix de la mise en scène en 1999, et Volver, prix du scénario et prix d’interprétation pour ses actrices en 2006. Rappelons que le cinéaste est, par ailleurs, lauréat de deux Oscars décernés à Tout sur ma mère (1999) et Parle avec elle (2002).

Comme il est rare que le Festival ne connaisse pas de controverse, celle-ci revient cette fois à Netflix qui fait son entrée dans la sélection officielle avec deux films en compétition, qui sortiront sur la plate-forme de vidéos à la demande sur abonnement (SVoD) et non sur grand écran. Ce qui est en porte à faux avec la chronologie des médias en vigueur en France et n’a pas manqué d’irriter les exploitants qui déplorent que leurs réseaux de salles soient ainsi court-circuités. Okja, un conte fantastique du Coréen Bong Joon-ho, avec Tilda Swinton et Jake Gyllenhaal, est produit par Netflix. The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach, qui réunit Dustin Hoffman, Ben Stiller et Adam Sandler, a quant à lui été acquis mais non produit par Netflix.
Pour calmer le jeu, les organisateurs du Festival ont annoncé une modification du règlement pour 2018 : "tout film qui souhaitera concourir en compétition à Cannes devra préalablement s’engager à être distribué dans les salles françaises". Une obligation préalable de sortie en salles qui a provoqué l’ire des réalisateurs et producteurs indépendants inquiets, à leur tour, de ne plus pouvoir placer leurs films à Cannes.
En attendant, certains spéculent déjà sur The Irishman, le nouveau Martin Scorsese dans lequel Netflix a investi quelque 105 millions de dollars, son plus gros investissement jamais réalisé dans la production cinématographique. Que fera-on lorsque le film sera soumis aux sélectionneurs l’an prochain ?

Cannes 2017 ne boude pas la télévision non plus, au grand dam de certains : Jane Campion y présente, en avant-première, la deuxième saison de Top of the Lake et David Lynch deux épisodes de la très attendue troisième saison de Twin Peaks, diffusée le 21 mai sur Showtime aux États-Unis et le 22 mai sur Canal+ en France.

On relèvera enfin la programmation exceptionnelle d’une installation de réalité virtuelle, Carne y arena (Chair et sable) du Mexicain Alejandro Gonzalez Iñarritu. La diffusion de ce film de sept minutes en VR (Virtual Reality), qui évoque les populations déplacées de ce début de siècle, nécessitera des casques pour les yeux et pour les oreilles. Et dans l’espace Next, le pavillon du Marché du film dédié aux nouveaux médias, près de 80 films en VR attendent les visiteurs.
Pour mémoire, les Oscars ont ouvert la voix cette année avec Pearl de Google, le premier film en VR jamais nommé.

Clint Eastwood et l’acteur, réalisateur, scénariste et producteur mexicain Alfonso Cuaron animeront des master classes, les 21 et 24 mai.

Avec le développement du numérique, Cannes Classics permet de mettre en lumière "le travail de valorisation du patrimoine effectué par les sociétés de production, les ayants-droit, les cinémathèques ou les archives nationales à travers le monde", dans des copies restaurées. Pour cette édition des 70 ans, le programme de Cannes Classics sera en grande partie dédié à l’histoire du Festival. Parmi seize films marquants de 1946 à 1992, entre Le Salaire de la peur d’Henri-Georges Clouzot, Blow-up de Michelangelo Antonioni et All that Jazz de Bob Fosse, primés en 1953, 1967 et 1980, on pourra notamment y voir Ila Ayn ? (Vers l’inconnu ?) du Libanais Georges Nasser (1957), Soleil O du Mauritanien Med Hondo (1970) et Babatu, les trois conseils du Français Jean Rouch, sélectionnés respectivement en 1957, 1970 et 1976.

Outre Monica Bellucci en maîtresse de cérémonie, l’affiche officielle de cette édition montre une Claudia Cardinale dansant, "joyeuse et libre", sur un toit de Rome en 1959. D’abord accueillie avec enthousiasme, l’affiche a ensuite déclenché une vive polémique sur le Web et les réseaux sociaux ; car la photographie originale, dont l’auteur reste inconnu, y a été copieusement "photoshopée". Dans un communiqué, la célèbre actrice estime, quant à elle, que "cette image a été retouchée pour accentuer cet effet de légèreté et me transpose dans un personnage rêvé ; c’est une sublimation".

Entre grande affluence de stars, de médias et de spectateurs, Cannes c’est aussi la fête de la musique sur la plage, avec M qui ouvrira les festivités le 21 mai, avec la participation de Toumani & Sidiki Diabaté, la chanteuse Fatoumata Diawara et l’Afro Pop Orchestra, puis Tony Gatlif et sa troupe de Rebetiko le 23.



17 - 28 mai 2017, 70e Festival international du film de Cannes



Ouverture (hors compétition)

- Les Fantômes d’Ismaël d’Arnaud Desplechin

Compétition

- The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach
- Okja de Bong Joon-Ho
- Aus Dem Nichts (In The Fade) de Fatih Akin
- 120 battements par minute de Robin Campillo
- The Beguiled de Sofia Coppola
- Rodin de Jacques Doillon
- Happy end de Michael Haneke
- Wonderstruck de Todd Haynes
- Le Redoutable de Michel Hazanavicius
- Geu-Hu (The Day After) de Hong Sangsoo
- Hikari (Radiance) de Naomi Kawase
- The Killing Of A Sacred Deer (Mise à mort du cerf sacré) de Yorgos Lanthimos
- A Gentle Creature de Sergei Loznitsa
- Jupiter’s Moon de Kornél Mandruczó
- L’Amant double de François Ozon
- You Were Never Really Here de Lynne Ramsay
- Good Time de Benny Safdie & Josh Safdie
- Nelyubov (Loveless), d’Andrey Zvyagintsev
- The Square de Ruben Östlund

Un certain regard

- Après La Guerre (After the War) de Annarita Zambrano
- Wind River de Taylor Sheridan
- Jeune femme de Léonor Serraille
- En attendant les Hirondelles (The Nature of Time) de Karim Moussaoui
- Lerd (Dregs) de Mohammad Rasoulof
- Posoki (Directions) de Stephan Komandarev
- Out de Gyorgy Kristof
- Western de Valeska Grisebach
- Fortunata (Lucky) de Sergio Castellitto
- Las hijas de Abril (Les Filles d’avril / April’s Daughter), de Michel Franco
- L’Atelier de Laurent Cantet
- Tesnota (Étroitesse | Closeness) de Kantemir Balagov
- Aala Kaf Ifrit (La Belle et la meute | Beauty and the Dogs) de Kaouther Ben Hania
- La Fiancée du désert de Cecilia Atan et Valeria Pivato
- Barbara de Mathieu Amalric
- La Cordillera de Santiago Mitre
- Walking Past the Future de Li Ruijun

Hors compétition

- Visages d’Agnès Varda et JR
- How to talk to Girls at Parties de John Cameron Mitchell
- Mugen no juunin (Blade of the Immortal) de Takashi Miike
- D’après une histoire vraie de Roman Polanski

Séances spéciales et séances de minuit

- Prayer Before Dawn de Jean-Stéphane Sauvaire
- Ak-Nyeo (The Villainess) de Jung Byung-Gil
- Bulhandang (The Merciless) de Byun Sung-Hyun
- Demons in Paradise de Jude Ratman
- Sea Sorrow de Vanessa Redgrave
- Napalm de Claude Lanzmann
- Promised Land d’Eugene Jarecki
- Clair’s camera de Hong Son-soo
- They d’Anahita Ghazvinizadeh
- Une suite qui dérange de Bonni Cohen et Jon Shenk
- Douze jours de Raymond Depardon
- Le Vénérable W. de Barbet Schroeder
- Carré 35 d’Éric Caravaca

Court métrages

- Pépé Le Morse de Lucrèce Andreae
- A Drowning Man de Mahdi Fleifel
- Lunch Time de Alireza Ghasemi
- Across my Land de Fiona Godivier
- Koniec widzenia de Grzegorza Mołdy
- Xiao Cheng Er Yue de Qiu Yang
- Damiana d’Andrés Ramirez Pulido
- Push It de Julia Thelin

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