Algeriades > 2017 > Lounis Aït Menguellet | ⵍⵓⵏⵉⵙ ⴰⵝ ⵎⴻⵏⴳⴻⵍⵍⴻⵜ | لونيس آيت منڤلات

  Lounis Aït Menguellet > Tudert nni

Tudert nni (Une certaine vie), le nouvel album 7 titres de Lounis Aït Menguellet, est sorti le 29 avril, en Algérie et en France. Avec le titre phare "Tudert nni", comme avec "I w aggad-iw" (Aux miens), l’artiste rend un hommage appuyé à son public de plusieurs générations, fidèle de toujours. Hommage également, à l’amour encore, avec "Tajmilt i tayri" (Hymne à l’amour) et à la jeunesse avec "Slam i temzi" (Ode à la jeunesse).
Avec "Taqsit niden" (Une autre histoire), l’artiste évoque "le dérapage d’après l’indépendance […] où une chape de plomb est tombée sur toute la société", pendant que "Yella was" (Il y a un jour….), dit "les jours sans" et que "Zer kan" (regarde…) nous parle de "la terre, l’air, l’eau et le feu".
Dès la première écoute, "Tudert nni" s’impose comme un titre imparable qui donne le ton à l’album. Dans ce long et puissant poème, porté par une scansion soutenue (l’interprète y prend un plaisir manifeste) et une subtile alchimie d’arrangements, principalement de guitare et de percussion, Lounis Aït Menguellet nous convie à remonter le cours de la mémoire, le fil de nos réminiscences et de nos rêves, avec leur cortège de pensées disséminées sur le chemin, souvent oubliées et pas toujours reconnaissables. Il devient alors possible, dit encore le poète, de s’expliquer l’origine de nos blessures et peut-être de trouver la paix.


Lounis Aït Menguellet > "Tudert nni"

La saison de Lounis Aït Menguellet a commencé par un premier concert intitulé "50 années ensemble", donné le 15 janvier au Zénith de Paris, suivie d’un grand rendez-vous le 24 mars à la Coupole olympique du 5-Juillet à Alger. L’occasion de célébrer "50 années de création", qui ont également fait l’objet d’un colloque international, en mars, à l’Université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou.

Depuis donc cinquante ans, celui qui compte parmi les artistes phare de la chanson kabyle manie la métaphore pour livrer ses réflexions sur l’Algérie, la culture et la tolérance. "Ma trud" (Si tu pleures), son premier morceau connu, date de 1966. Mais c’est seulement l’année suivante que le public le découvre à la faveur de l’émission Ighenayen uzekka (les chanteurs de demain) animée par Cherif Kheddam sur les ondes de la chaîne 2 de la Radio algérienne. Lounis Aït Menguellet a longtemps été accompagné d’un seul instrument à corde (mandole et surtout guitare) et d’une percussion (derbouka).

Cinquante ans après, avec une guitare et des percussions, parfois une flûte et le plus souvent un clavier, il fait l’unanimité de plusieurs générations de fans séduits par le verbe du poète. Il a enregistré quelques deux cent chansons.

Né en 1950 dans le village d’Ighil bwammas près de Tizi Ouzou, Lounis Aït Menguellet déménagera à Alger où il fréquente l’école primaire puis le collège technique du Champ de Manœuvre où il a reçu une formation d’ébéniste.

A Paris au début des années soixante-dix, où il s’impose comme l’une des grandes figures de la chanson dans l’émigration algérienne, il passe une première fois à l’Olympia en 1978, fait le plein au Zénith de Paris, dès 1985, et remplit les stades de Tizi Ouzou, de Béjaïa et la salle Atlas à Alger. Et le public lui fait régulièrement un triomphe.
"Incontestablement, Aït Menguellet est aujourd’hui notre plus grand poète", n’hésitait pas écrire Kateb Yacine dans sa préface à Aït Menguellet chante de l’anthropologue Tassadit Yacine. Avec Lounis Aït Menguellet poète mais aussi interprète, note pour sa part Tassadit Yacine, "la chanson touche directement son public [...], elle lui parle sa langue, lui redit sa vraie vie, ses préoccupations, ses douleurs et ses joies [...]. Et puis la chanson, c’est le mode de l’oralité, à laquelle la langue berbère a été vouée de tous temps par l’histoire. Elle avait l’une des plus anciennes écritures du monde, mais pas de livres, pas d’écoles où se serait condensée et épanouie sa culture. C’est dire que, même quand on est Lounis, que l’on a des choses à dire et le talent pour les bien dire, il faut, pour être entendu, user des canaux indirects comme la chanson. Car en pays d’oralité, la grande poésie doit passer par ce mode, qui d’une certaine façon lui impose ses conditions". in Aït Menguellet chante de Tassadit Yacine, éd. La Découverte, 1989.

Au repos après intervention chirurgicale subie l’hiver 2014, Lounis Aït Menguellet s’est économisé durant le printemps en assurant toutefois trois rendez-vous, dont celui de janvier 2015 au Zénith à Paris. L’artiste a poursuivi avec une tournée de neuf dates, débutant le 23 juin à Tizi Ouzou et prenant fin le 11 juillet à Boumerdès, en passant par trois concerts à Alger les 28, 29 et 30 juin.

Lounis Aït Menguellet, dont Isefra (2014) est sorti en mai précédent aux éditions Izem, a étrenné son nouvel opus lors de deux concerts donnés les 13 et 14 juin à la salle Ibn Khaldoun à Alger. Mis en musique en collaboration avec Djaffar le fils de l’artiste, cet album 8 titres se veut un nouvel hommage aux mots, à la parole, à la puissance de la poésie et à une tradition en tamazight (langue berbère) que Lounis Aït Menguellet entretient depuis ses premiers pas dans la chanson.

Intitulé Tawriqt tachevhant (La Feuille blanche), enregistré et mis en musique en collaboration avec son fils Djaffar, son précédent opus (2010) contenait six titres dont Lejwab g wadu (La réponse dans le vent), une adaptation du célèbre "Blowin’ in the Wind" de Bob Dylan. Compte tenu des contraintes de leurs calendriers respectifs, il manquait à l’album un duo avec Akli Yahiatene, sur sa célèbre chanson Ya l’menfi. Un titre repris en mai 2010 au Palais des sports à Paris, quatre ans après leur première prestation commune sur la scène du Zénith.

En février 2010, Lounis Aït Menguellet a donné un concert à la salle Atlas à Alger, vingt ans après le récital mémorable de 1991 maintenu malgré les menaces des islamistes. Depuis plus de quarante ans, celui qui compte parmi les artistes phare de la chanson kabyle manie la métaphore pour livrer ses réflexions sur l’Algérie, la culture et la tolérance. Et le public lui fait régulièrement un triomphe.

En mai 2006 enfin, Lounis Aït Menguellet et Akli Yahiatene étaient réunis sur la scène du Zénith de Paris lors d’un concert en forme de dialogue de générations pour célébrer une tradition poétique encore vivace des montagnes de Kabylie qui s’est perpétuée dans l’émigration.

En janvier 2004, il présentait un nouvel opus, Yenna-d u-mghar (Le Sage a dit), en prélude à un concert le 24 avril sur la scène du Zénith à Paris. L’album, dont la musique et les arrangements ont été confiés à son fils Djaafar Ait Menguellet, est ensuite sorti en France. Yenna-d u-mghar est venu couronner une année 2004 qui aura été celle du retour de l’artiste sur scène en Algérie. Après la Maison de la culture de Tizi Ouzou, pour cinq concerts marquant autant d’années d’absence, puis le Festival de Timgad, le Casif de Sidi Fredj et la Maison de la culture de Béjaïa, c’était au tour de la Salle El Mouggar à Alger d’accueillir Lounis Aït Menguellet pour deux soirées en novembre.



Nouvel album : Tudert nni
Sortie : le 29 avril

Aït Menguellet par les textes
par Noura Tigziri
(Alger, Koukou, mars 2017)



Ecoutez > Aït Menguellet > Isefra (nouvel album Isefra, 20 mai 2014)


(Précédent album, 07/2010) [5’10]


Aït Menguellet > Ettas, ettas (1982) [8’08]


Ait Menguellet > Askuti (1981) [6’26]


Ait Menguellet > Aya aatar (1978) [7’49]


Ait Menguellet > Amjahed (1977) [8’06]


Ait Menguellet > Ali d-Waali, Mohand d-M’hand (1977)



En concert : 27 octobre 2017, Aubervilliers / L’Embarcadère


- 14 octobre 2017, Aulnay-sous-Bois / Théâtre Jacques-Prévert
- 7 octobre 2017, Cenon / Le Rocher de Palmer
- 24 juin 2017, Marseille / Théâtre de la Sucrière / Festival Tamazgha
- 21 juin 2017, gala de solidarité au profit de l’association des diabétiques d’El Kseur, Béjaïa / Maison de la culture
- 18 juin 2017, Oran / Salle El Maghreb
- 15 juin 2017, Alger / Promenade Sablette / Théâtre de plein air
- 12 juin 2017, Constantine / Salle Ahmed-Bey
- 9 juin 2017, Bouira / Maison de la culture Ali-Zaâmoum
- 6 et 7 juin 2017, Alger / Atlas
- 1er juin 2017, Tizi Ouzou / Maison de la culture Mouloud-Mammeri
- 7 mai 2017, Orvault / L’Odyssée
- 28 avril 2017, Montréal / Olympia
- 9 avril 2017, Saint-Priest / Espace Mosaïque
- 24 mars 2017, Alger / Coupole du complexe olympique Mohamed-Boudiaf
* Colloque international : 6, 7 et 8 mars 2017, "Lounis Ait Menguellet : 50 années de création", Tizi Ouzou / Université Mouloud-Mammeri
- En concert : 15 janvier 2017, Zénith de Paris
- 25 juin 2016, Mouss & Hakim autour de Slimane Azem, avec comme invités : Idir, Lounis Aït Menguelet, Claude Sicre, Manu Théron..., Moissac / Hall de Paris
- 12 juin 2016, Lounis Aït Menguellet • Idir, Les Nuits de Fourvière / Théâtres romains
- 13 février 2016, Nogent-sur-Oise / Salle du Château du rocher



Lounis Aït Menguellet

- Isefra (Poèmes)
(Izem, 2014)

- Tawriqt tachevhant (La Feuille blanche)
(Izem, 2010)
- Yennad u mghar (Le Sage a dit)
CD/K7 (Izem, 2005)
CD (Suave/Abeille Musique, 2005)
- Inasen (Dis-leur)
(Créon/Mélodie, 2001)
- Inagan (Les Témoins)
(Blue Silver, 2000)



Durant le mois de novembre 2003, Mezzo a diffusé un concert de l’artiste, "construit à la manière d’un clip poétique" et signé Yves Billon (52’, Fr, 2003)

- 1ère diff. TV : 16 novembre 2003 à 23 h 50, 21/11 à 1 h 35, 26/11 à 1 h 35 sur Mezzo

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