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  Messaoud Benyoucef (1943-2017)

Né en 1943, universitaire, écrivain, journaliste et traducteur, Messaoud Benyoucef est décédé en janvier. Nous ne l’avons appris que bien tard à la faveur d’un communiqué de Claude-Alice Peyrottes et Patrick Michaëlis de la Compagnie Bagages de sable. Également professeur de philosophie au lycée français d’Oran, Messaoud Benyoucef a quitté l’Algérie après l’assassinat, en mars 1994, du dramaturge Abdelkader Alloula, avec lequel il a longtemps travaillé.
Établi à Paris, où il a été chargé de missions aux enseignements artistiques pour le ministère de la Culture tout en se consacrant à l’écriture (théâtre, roman, chroniques), il est aussi l’auteur d’une traduction remarquable de deux recueils des pièces d’Alloula, ainsi que de Koul ouahed ou hakmou (A chacun son jugement) d’Ould Abderrahmane Kaki, enregistré par France Culture au Festival d’Avignon 1996.

Auteur de théâtre, Messaoud Benyoucef a collaboré à la création de trois de ses textes, mis en scène par Claude-Alice Peyrottes et la compagnie Bagages de sable établie à Fécamp.
Dans Lettres à Jeanne qui donnera La Mer blanche du milieu, quarante ans après la fin de la guerre, une femme qui a grandi en Algérie a écrit au maire de son village natal pour tenter de retrouver ses condisciples de l’époque. Ce texte sera suivi de Dans les ténèbres gîtent les aigles qui fait revivre Abane Ramdane, une figure de la lutte pour l’indépendance exécuté par ses compagnons d’armes. Troisième volet de cette proposition théâtrale, Le Nom du père met en scène un fils de harki en quête d’identité quarante ans après la fin du conflit algérien sur fonds de crise et d’assassinats outre méditerranée. Créée le 22 février 2005 à Fécamp, la pièce a suscité l’ire de plusieurs associations d’enfants de harkis qui s’estimaient diffamés et injuriées.

Messaoud Benyoucef est en outre l’auteur de La Sainte Triade créé par la compagnie Scarface ensemble ainsi que d’un thriller politique intitulé L’Algèbre de la mort (2004). Colline 3 (2012), son second roman, a pour décor Oran, durant la dernière année de la guerre d’indépendance. Arrivé du bled pour enseigner au lycée français, le jeune Samy découvre une ville sous tension, divisée entre quartiers européens et arabes et exposée à la surenchère de l’OAS. D’abord observateur, Samy rencontre l’amour et va se trouver partie prenante des événements.



Bibliographie :

- Colline 3 (roman)
(Paris, Alma, 2012)
- Le Nom du père (théâtre)
(Paris, L’embarcadère éditions, 2005)
- L’Algèbre de la mort (roman)
(L’Embarcadère, 2004)
- Dans les ténèbres gîtent les aigles (théâtre)
(L’Embarcadère, 2003)
- La Sainte Triade (théâtre)
(L’Embarcadère, 2003)
- Lettres à Jeanne
(L’Embarcadère, 2002)


Traductions :

- Les Sangsues / El-Aaleg), suivi de Le Pain / El-Khobza, La Folie de Salim / Homq Salim et Les Thermes du Bon-Dieu / Hammam Rabi
d’Abdelkader Alloula
(Arles, Actes Sud-Papiers, 2002)
- Les Nuits de la moisson
de Mahmoud Dyab
Théâtre de Beit el-Karma (Haïfa)
(AFAA / Printemps palestinien en France, mai 1997)
- A chacun son jugement (Koul ouahed ou hakmou)
d’Ould Abderrahmane Kaki
(France-Culture, Avignon 1996)
- Les Généreux (El-Agoual / Les Dires, El-Adjouad / Les Généreux et El-Litham / Le Voile), Traduction de Messaoud Benyoussef (Actes Sud Papiers, 1995)

Lire aussi
Dans les ténèbres gîtent les aigles
Le Nom du père de Messaoud Benyoucef


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