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  75e Mostra de Venise : le palmarès

En compétition avec Roma, un film distribué par Netflix, le réalisateur mexicain Alfonso Cuaron a remporté le Lion d’or 2018 du meilleur film. "Ce prix est le témoignage de mon amour pour toi Liba [la femme qui a inspiré le rôle de l’héroïne du film], et pour mon pays, a déclaré le cinéaste. Le film relance au passage la discussion sur la place des nouveaux acteurs de la SVOD dans le cinéma mondial. La plateforme américaine de vidéo par abonnement décrochant également le prix du scénario qui est allé à Ethan et Joel Coen pour leur western The Ballad of Buster Scruggs. Deux films, faut-il le rappeler, qui ne devraient pas sortir en salles en France, Netflix réservant ses productions à ses abonnés.
Dans la course aux Oscars, il nous faut ajouter que c’est un autre film distribué par Netflix, Outlaw King (Le Roi hors-la-loi) de David Mackenzie, qui a donné le coup d’envoi du Festival de Toronto (6-16 sept.). Autant dire que la plate-forme semble plutôt bien partie dans la course aux Oscars.

Seule femme réalisatrice en compétition cette année, l’Australienne Jennifer Kent, en compétition avec The Nightingale, une évocation violente de la colonisation britannique au XIXe siècle en Tasmanie, a été récompensée du Prix spécial du jury et du Prix Marcello-Mastroianni "du jeune acteur émergent" pour le comédien aborigène Baykali Ganambarr.
Avec The Favourite, le cinéaste grec Yorgos Lanthimos a, lui aussi, obtenu deux récompenses, le Grand Prix du Jury et la Coupe Volpi de la meilleure actrice qui a distingué la Britannique Olivia Colman. La Coupe Volpi du meilleur acteur ayant, quant à elle, récompensé Willem Dafoe, grand favori avec sa composition de Van Gogh dans At Eternity’s Gate de Julian Schnabel.

Jusqu’au 8 septembre, la 75e édition de la Mostra de Venise présentait une sélection de 20 films en compétition pour le Lion d’or. Le jury était présidé par le cinéaste mexicain Guillermo Del Toro, dont The Shape of Water (La Forme de l’eau) avait obtenu le Lion d’or en 2017, prélude aux quatre Oscars du meilleur film, du meilleur réalisateur, des meilleurs décors et de la meilleure musique.
Guillermo Del Toro était accompagné dans sa tâche par le cinéaste, acteur et producteur néo-zélandais Taika Waititi, l’actrice et productrice britannique Naomi Watts, l’acteur allemand naturalisé autrichien Christoph Waltz, l’actrice et réalisatrice taïwanaise Sylvia Chang, l’actrice, chanteuse et auteure-compositrice danoise Trine Dyrholm, la réalisatrice française Nicole Garcia, la réalisatrice polonaise Malgorzata Szumowska et le cinéaste italien Paolo Genovese.

L’édition s’est ouverte avec First Man de Damien Chazelle, tourné avec Ryan Gosling sur le voyage de Neil Armstrong sur la Lune.

Une seule femme figurait en compétition, l’Australienne Jennifer Kent avec The Nightingale, une disparité critiquée notamment par un collectif d’associations féministes dans une lettre ouverte adressée le 11 août au directeur artistique de la Mostra, Alberto Barbera, qui s’est défendu en déclarant, je préférerais changer de métier plutôt que d’être obligé de sélectionner un film parce qu’il a été réalisé par une femme et non parce qu’il est réussi.

Les deux géants du streaming Amazon et Netflix étaient à la Mostra avec sept films à eux deux. Absent de Cannes (dont les organisateurs imposent dorénavant aux films sélectionnés de respecter un délai obligatoire de trois ans entre la sortie en salles et la diffusion sur une plate-forme de vidéo), Netflix présentait à Venise trois films attendus que sont Roma d’Alfonso Cuaron, qui s’attache aux souvenirs personnels du cinéaste durant l’année 1971, dans le quartier Borghèse de Roma à Mexico, sur fond de répression du mouvement étudiant, The Ballad of Buster Scruggs, un western des frères Joel et Ethan Coen, et 22 July de Paul Greengrass, sur le massacre commis par Anders Breivik à Utoya et Oslo en juillet 2011.
Également absent de Cannes 2018, The Other Side of the Wind, film inachevé d’Orson Welles, restauré et terminé par Netflix, était présenté hors compétition.

Peterloo de Mike Leigh, revisite la manifestation de 1819 sur le suffrage qui a été brutalement réprimée par le gouvernement britannique et Werk ohne Autor (Œuvre sans auteur) de Florian Henckel von Donnersmarck (Oscar du meilleur film étranger en 2007 pour La Vie des autres) revient sur trois époques de l’Allemagne.
What You Gonna Do When The World’s On Fire ? de l’Italien Roberto Minervini se penche sur la question du racisme aux États-Unis après des meurtres de jeunes Afro-Américains par la police, pendant l’été 2017 à La Nouvelle-Orléans.
Le Hongrois László Nemes (Le Fils de Saul Grand Prix à Cannes en 2015) est revenu avec Sunset, le Grec Yorgos Lanthimos avec The Favourite et le Mexicain Carlos Reygadas avec Nuestro Tiempo.

La France était représentée par trois long métrages en compétition, dont The Sisters Brothers de Jacques Audiard, un western tourné en anglais avec Joaquin Phoenix, John C. Reilly, Jake Gyllenhaal et Riz Ahmed. Les deux autres films sont Doubles vies d’Olivier Assayas, avec Guillaume Canet et Juliette Binoche, et Frères ennemis de David Oelhoffen (Loin des hommes, 2014), avec Reda Kateb une nouvelle fois et Matthias Schoenaerts.

Attendu à Venise, Xavier Dolan a annoncé que The Death and Life of John F Donovan sera présenté en première au Festival de Toronto.

Parmi 25 films présentés hors compétition, comme El Pepe, una vida suprema d’Emir Kusturica, Process de Sergei Loznitsa, American Dharma d’Errol Morris, Your Face de Tsai Ming-Liang, Monrovia, Indiana de Frederick Wiseman et Shadow de Zhang Yimou, on pouvait voir deux films d’Amos Gitaï, A Letter to a Friend in Gaza (Isr) et A Tramway in Jerusalem (Isr/Fr), ainsi que ISIS tomorrow. The Lost Soul of Mosul de Francesca Mannochi & Alessio Romenzi (Ita/Ger).

Avec dix-huit films retenus, la sélection Orizzonti ne comprenait aucun film d’Afrique, mais quatre longs métrages issus du Proche-Orient comme Yom adaatou zouli (The Day I Lost My Shadow | Le jour où j’ai perdu mon ombre de Soudade Kaadan (Syr/Lib/Fr/Qat), Hamchenan ke mimordam (As I Lay Dying) de Mostafa Sayyari (Iran), Erom (Stripped) de Yaron Shani (Isr/Ger), Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi (Lux/Fr/Isr/Bel) avec avec Lubna Azabal et Kais Nashef.

En plus de Yom adaatou zouli (The Day I Lost My Shadow | Le jour où j’ai perdu mon ombre de Soudade Kaadan (Syr/Lib/Fr/Qat) et Hamchenan ke mimordam (As I Lay Dying) de Mostafa Sayyari (Iran), présents dans la sélection Orizzonti, trois films en provenance du Proche-Orient et d’Afrique concouraient pour le Lion du futur Luigi De Laurentiis, destiné à un premier film. Il s’agit de Lissa ammetsajjel de Saaed Al Batal et Ghiath Ayoub (Syr/Lib/Qat/Fra), Mafak (Screwdriver) de Bassam Jarbawi (Pal/USA/Qat) et A Kasha de Hajooj Kuka (Soud/ Afr. du Sud/Qat/Ger)

Durant la cérémonie d’ouverture sur la scène du Palais du cinéma, sur le Lido, un Lion d’or, pour l’ensemble de sa carrière, a été décerné à l’actrice britannique Vanessa Redgrave, 81 ans, (Blow-Up de Michelangelo Antonioni, Morgan de Karel Reisz, Julia de Fred Zinnemann...). La même distinction a ensuite été remise au cinéaste canadien David Cronenberg, 75 ans, (The Fly [1986], A History of Violence [2005]...).

Au nombre des films restaurés présentés dans la section Venice Classics, on pouvait voir ou revoir Der Golem (The Golem) de Paul Wegener (All, 1920), The Naked City de Jules Dassin (USA, 1948), Some Like It Hot de Billy Wilder (USA, 1959), Il portiere di notte (The Night Porter) de Liliana Cavani (Ita, 1974), La notte di San Lorenzo (The Night of the Shooting Stars) de Paolo et Vittorio Taviani (Ita, 1982) et Adieu Philippine de Jacques Rozier (Fr/Italy, 1962).



- 29 August - 8 September 2018, 75° Mostra internazionale d’arte cinematografica


Le Palmarès

- Lion d’or
Roma d’Alfonso Cuarón (Mexique)
- Grand Prix
The Favorite de Yorgos Lanthimos (Royaume Uni, Etats-Unis)
- Prix de la mise en scène
Jacques Audiard pour The Sisters Brothers (Francia, Belgio, Romania, Spagna)
- Prix d’interprétation féminine
Olivia Colman, dans The Favorite de Yorgos Lanthimos (Royaume Uni, Etats-Unis)
- Prix d’interprétation masculine
Willem Dafoe dans At Eternity’s Gate de Julian Schnabel (USA, Francia)
- Prix du scénario
The Ballad of Buster Scruggs d’Ethan et Joel Coen (Etats-Unis)
- Prix spécial du jury
The Nightingale de Jennifer Kent (Australie)


Compétition

- First Man de Damien Chazelle (film d’ouverture)
- Double Vies d’Olivier Assayas
- The Sisters Brothers de Jacques Audiard
- Vox Lux de Brady Corbet
- The Ballad of Buster Scruggs de Joel et Ethan Coen
- Roma d’Alfonso Cuarón
- 22 July de Paul Greengrass
- Suspiria de Luca Guadagnino
- Werk ohne Autor de Florian Henckel von Donnersmarck
- The Nightingale de Jennifer Kent
- The Favourite de Yórgos Lánthimos
- Peterloo de Mike Leigh
- Capri-Revolution de Mario Martone
- What You Gonna Do When the World’s on Fire ? de Roberto Minervini
- Sunset de László Nemes
- Frères ennemis de David Oelhoffen
- Nuestro Tiempo de Carlos Reygadas
- At Eternity’s Gate de Julian Schnabel
- Acusada de Gonzalo Tobal
- Killing de Shinya Tsukamoto

Hors compétition

- The Other Side of the Wind d’Orson Welles
- They’ll Love Me When I’m Deadde Morgan Neville
- L’amica geniale de Saverio Costanzo
- Il Diario di Angela - noi due Cineasti de Yervant Gianikian
- A Letter to a Friend in Gaza d’Amos Gitaï
- Aquarela de Viktor Kossakovsky
- El Pepe, una vida suprema d’Emir Kusturica
- Process de Sergei Loznitsa
- Carmine Streets Guitars de Ron Mann
- ISIS tomorrow. The Lost Soul of Mosul de Francesca Mannochi & Alessio Romenzi
- American Dharma d’Errol Morris
- Introduzione All’Oscuro de Gastón Solnicki
- 1938 Diversi de Giorgo Treves
- Your Face de Tsai Ming-Liang
- Monrovia, Indiana de Frederick Wiseman
- Una storia senza Nome de Roberto Andò
- Les Estivants de Valeria Bruni Tedeschi
- A Star is Born de Bradley Cooper
- Mi Obra Maestra de Gastón Duprat
- A Tramway in Jerusalem d’Amos Gitaï
- Un peuple et son roi de Pierre Schoeller
- Dragged Across Concrete de S. Craig Zahler
- The Mountain de Rick Alverson
- La Quietud de Pablo Trapero
- Shadow de Zhang Yimou

Sélection Orizzonti

- Sulla mia pelle de Alessio Cremonini
- Manta Ray de Phuttiphong Aroonpheng
- Soni de Ivan Ayr
- The River d’Emir Baigazin
- La noche de 12 años de Alvaro Brechner
- Deslembro de Flavia Castro
- The Announcement de Mahmut Fazıl Coşkun
- Charlie says de Mary Harron
- Amanda de Mikhaël Hers
- The Day I Lost my Shadow de Soudade Kaadan
- L’Enkas de Sarah Marx
- The Man who Surprised Everyone de Natalya Merkulova & Alexey Chupov
- Memories of my body de Garin Nugroho
- As I Lay Dying de Mostafa Sayyari
- La profezia dell’armadillo d’Emanuele Scaringi
- Stripped de Yaron Shani
- Jinpa de Pema Tseden
- Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi

Venice Classics

Films restaurés

- They Live de John Carpenter (USA / 1988 / 94’)
- Il portiere di notte (The Night Porter) de Liliana Cavani (Italy / 1974 / 120’)
- The Naked City de Jules Dassin (USA / 1948 / 96’)
- Khesht o Ayeneh (Brick and Mirror) d’Ebrahim Golestan (Iran / 1964 / 130’)
- Akasen chitai (Street of Shame) de Kenji Mizoguchi (Japan / 1956 / 86’)
- Il posto d’Ermanno Olmi (Italy / 1961 / 95’)
- L’Année dernière à Marienbad (Last Year at Marienbad) d’Alain Resnais (France / Italy / 1961 / 94’)
- El lugar sin límites (The Place Without Limits) d’Arturo Ripstein (Mexico / 1977 / 110’)
- Adieu Philippine de Jacques Rozier (France, Italy / 1962 / 103’)
- Voskhozhdeniye (The Ascent) de Larisa Shepitko (Russia / 1976 / 110’)
- The Killers de Don Siegel (USA / 1964 / 102’)
- The Killersde Robert Siodmak (USA / 1946 / 95’)
- La notte di San Lorenzo (The Night of the Shooting Stars) de Paolo et Vittorio Taviani (Italy / 1982 / 107’)
- Koi ya koi nasuna koi (Love, Thy Name Be Sorrow aka The Mad Fox) de Tomu Uchida (Japan / 1962 / 109’)
- Morte a Venezia (Death in Venice) de Luchino Visconti (Italy, France, USA / 1971 / 130’)
- Der GolemWie er in die Welt kam (The Golem – How He Came Into The World) de Paul Wegener (Germany / 1920 / 90’)
- Nothing Sacred de William A. Wellman (USA / 1937 / 74’)
- Some Like It Hot de Billy Wilder (USA / 1959 / 121’)

Documentaires

- The Great Buster de Peter Bogdanovich (USA / 102’)
- Women Making Films : A New Road Movie Through Cinema de Mark Cousins (United Kingdom / 240’)
- Humberto Mauro d’André Di Mauro (Brazil / 90’)
- Living the LightRobby Müller de Claire Pijman (Netherlands, Germany / 86’)
- 24/25 Il fotogramma in più de Giancarlo Rolandi et Federico Pontiggia (Italy / 50’)
- Nice Girls Don’t Stay for Breakfast de Bruce Weber (USA / 90’
- Friedkin Uncut de Francesco Zippel (Italy / 106’)

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