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  Noël Favrelière (1934-2017)

Selon une annonce faite par sa famille le 19 décembre, une dépêche de l’AFP nous apprend la disparition de Noël Favrelière, un Juste décédé le 11 novembre à l’âge de 83 ans.

Dans Le Désert à l’aube, Noël Favrelière rapporte comment, un matin d’août 1956, il soustrait un jeune rebelle algérien blessé à une exécution sommaire en prenant la fuite avec lui. Dédié "à la mémoire" de son "camarade Kakou (Abd El Kader Benazouz) et à tous ceux qui, comme lui, sont morts pour que d’autres vivent libres et en paix", le récit de cette désertion a inspiré Avoir vingt ans dans les Aurès (Fr, 1971), le film de René Vautier.
Publié en 1960, aux éditions de Minuit, l’ouvrage avait été saisi et sa diffusion interdite.

Né en 1934 à La Rochelle, marqué par l’Occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale, Noël Favrelière a effectué son service militaire en 1952 à Philippeville (auj. Skikda). Rappelé en 1956 dans un régiment parachutiste, il déserte avec des armes et rejoint les maquisards de l’Armée de libération nationale, avec lesquels il passera dix mois, avant de gagner Tunis puis les États-Unis où il rédige Le Désert à l’aube.

Condamné à mort, par contumace, en 1958 et en 1961, il revient en France en 1966 à la suite d’un non-lieu. A la faveur d’une bourse en Yougoslavie, il obtient un diplôme d’histoire de l’art en 1964 et repart en Algérie prendre la direction du Musée des Beaux-arts d’Alger jusqu’en 1966. Il occupera également les fonctions de directeur de l’Institut culturel de Ljubljana (Slovénie, 1983), puis du centre culturel français d’Amman (Jordanie, 2000).

En 2000, en plein débat en France sur les méthodes employées durant la guerre d’Algérie, il avait signé avec onze autres « grands témoins » un appel dans le journal L’Humanité pour condamner le recours à la torture durant la guerre d’Algérie.

Réalisé en 2012, Algérie, Les deux soldats revient sur l’histoire vécue de deux jeunes Français qui ont fait deux choix totalement inverses pendant la guerre d’Algérie : le sergent Noël Favrelière déserta pour libérer un jeune prisonnier algérien qu’on allait exécuter, pendant que le sous-lieutenant René Técourt rejoignait le combat des ultras de l’OAS pour l’Algérie française.
Tourné en France et en Tunisie, ce documentaire de Marc Bessou comprend des interventions de l’historien Tramor Quémeneur et de l’un des chefs historiques de l’OAS, Jean-Claude Pérez.

Algérie, Les deux soldats est visible sur Internet Archive.

- 16, 18, 20 et 22 août 2017 sur Toute l’Histoire (câble et satellite)

Algérie, les deux soldats
Un film de Marc Bessou
(Doc., 52 min., Fr, 2012)


- Le Désert à l’aube
de Noël Favrelière
(Paris, Minuit, 1960)
(Rééd., Minuit, 2000)
(Rééd., Minuit, 2012)

- Le Déserteur
de Noël Favrelière
(Paris, Jean-Claude Lattès, 1973)

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