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  Arezki Larbi, l’art et la bannière

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En 2008, en prévision d’une exposition de ses affiches de cinéma, avec en particulier la série créée quelques années auparavant à l’instigation de Boudjemaa Karèche, encore directeur de la Cinémathèque algérienne, Arezki Larbi nous avait demandé un texte à ce propos pour un catalogue. Le voici :



L’art et la bannière




Arezki Larbi me fait souvent penser à un jardinier délicat qui a toujours à cœur de lier plaisir de l’art et quête du savoir. Car, outre un enthousiasme tranquille et une belle attention portée à autrui, il y a chez cet homme perpétuellement à l’écoute du monde une curiosité insatiable. Artiste de l’expérimentation, le plasticien s’est singulièrement préoccupé de formes, de couleurs, de techniques et de matières qu’il a longtemps triturées jusqu’à la trame pour en sonder les ressources. Arezki Larbi, qui s’est aussi intéressé à la profusion du signe dans l’héritage algérien, n’a cessé de s’interroger sur le rôle de l’imaginaire et du symbolique dans nos vies. A sa manière, son travail multiforme explore nos habitudes et fait résonner nos légendes intimes.

A Bouira où il a grandi, le jeune Arezki a cultivé une passion pour le cinéma qui se donnait à voir dans les salles Vox et Moderne. Si parmi ses tout premiers films lui reviennent en mémoire des images de Abi faouq ech-chadjara, le mélodrame musical de l’Egyptien Hussein Kamal, ou de Notre mère la terre de l’Indien Dilip Komar, il a également vu une multitude de films d’aventure avec un faible pour les westerns, en particulier les spaghetti italiens.

Après un emploi de dessinateur à l’hebdomadaire Algérie-Actualité, puis de décorateur au Théâtre national concevant au passage l’affiche de Hafila tassir, il est bientôt rattrapé par le cinéma. Durant les années 1990, il réalise les décors et les costumes de Machaho de Belkacem Hadjadj et collabore à La Montagne de Baya de Azzeddine Meddour. C’est ensuite Boudjemaa Kareche, alors qu’il présidait encore aux destinées de la Cinémathèque algérienne, qui le sollicite pour une série d’affiches dont on retiendra celles des hommages à Ousmane Sembene et Robert Bresson, ainsi que des différents cycles consacrés aux cinémas algérien et africain. Plus récemment, il a travaillé sur El Manara de Belkacem Hadjadj (décors et costumes), Morituri d’Okacha Touita (décors) et Ayrouen de Brahim Tsaki (décors et costumes). Arezki Larbi a également signé l’affiche de ce dernier.

Toutes ses affiches doivent être d’abord envisagées comme autant de traces de la vie aventureuse des arts et de la culture dans notre pays. Car plutôt que de se répandre sur les façades de nos villes qui ont longtemps tourné le dos à ce mode d’annonce, voilà qu’elles doivent s’exposer sur les cimaises d’un musée pour être vues. A l’heure où prolifère une nouvelle génération de mobilier publicitaire, il nous faut plus que jamais gérer ce hiatus et rechercher une meilleure connivence entre messages, médiums utilisés et aspirations socioculturelles des publics visés.

Convaincu que la culture doit jouer les premiers rôles dans les débats qui agitent notre monde, Arezki Larbi nous rappelle à sa façon que l’art reste la forme la plus noble de la communication matérielle utilisée par l’homme.


Mustapha Laribi, février 2008

 


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