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  Ils nous ont quittés en 2021




Merzak Bagtache, journaliste et écrivain, en arabe et en français, le 2 janvier, à l’âge de 75 ans.
Né en 1945 à la Casbah d’Alger, au sein d’une famille venue de Béjaïa, Merzak Bagtache est l’auteur d’une quinzaine de romans et d’un grand nombre de nouvelles. S’il publie sa première nouvelle dès 1963, dans le quotidien Al Chaab, avant d’obtenir en 1969 le prix Reda Houhou de la meilleure nouvelle en arabe pour La Faim des hommes (revue Amal, n° 5, février 1970), sa prose achève de s’imposer en 1976 avec Tuyûr fi al-dhahira [Les Oiseaux du zénith] (revue Amal, n° spécial, [34], juillet-août 1976), l’une des ses œuvres les plus marquantes. Entre nouvelle et roman, son long récit largement autobiographique met en scène un adolescent de Bab el-Oued en 1954, alors que le pays entre en résistance. "La plupart du temps, notait le traducteur Marcel Bois dès 1978, les nouvelles de Merzak Bagtache ont pour cadre un quartier de la ville et reçoivent le souffle de la mer.
Membre du Conseil consultatif national (CCN), parlement transitoire installé par le président Mohamed Boudiaf en 1992, Merzak Bagtache échappera miraculeusement à un attentat par balles, le 31 juillet 1993, dans son quartier de Fontaine-fraîche.


Jean-Pierre Bacri, acteur, scénariste et dramaturge français, le 18 janvier à Paris, des suites d’un cancer, à l’âge de 69 ans.
Né en 1951 à Castiglione (auj. Bou-Ismaïl) à l’ouest d’Alger, il découvre le cinéma par son père, facteur, qui travaillait le week-end dans le cinéma de la ville. En 1962, la famille s’établit à Cannes où Jean-Pierre Bacri entreprend des études de lettres, avant d’aller à Paris où il entre dans un cours d’art dramatique.
Remarqué dans Le Grand Pardon d’Alexandre Arcady (1981), l’acteur s’impose dans Cuisine et dépendances de Philippe Muyl (1993), dont il co-signe le scénario avec Agnès Jaoui. Il s’impose ensuite comme scénariste avec Smoking/No Smoking d’Alain Resnais, co-écrit avec Agnès Jaoui, qui leur vaut le César du meilleur scénario original en 1994.
Tous deux co-écrits avec Agnès Jaoui et réalisés par cette dernière, Le Goût des autres est nommé à l’Oscar du meilleur film international en 2001 et Comme une image reçoit le Prix du scénario au Festival de Cannes 2004.
Au théâtre, Jean-Pierre Bacri reçoit le Molière de l’auteur en 1992 pour Cuisine et dépendances (m. en sc. de Stéphan Meldegg) et le Molière du comédien en 2017 pour son rôle dans Les Femmes savantes (m. en sc. de Catherine Hiegel). Au cinéma, il reçoit quatre fois le César du meilleur scénario original, remporte une fois le César du meilleur acteur dans un second rôle et est nommé six fois pour le César du meilleur acteur.
Nous lui devons enfin une composition lumineuse dans Adieu Gary de Nassim Amaouche (2008).


Guem, le percussionniste "aux mains d’or", le 22 janvier à l’âge de 73 ans.
Né en 1947 à Batna dans l’Est algérien, de parents nigériens, Abdelmadjid Guemguem s’initie dès l’enfance à la musique traditionnelle et aux percussions. S’il songe d’abord à une carrière de footballeur professionnel en France où il arrive à 16 ans, il revient vite à ses premières amours et enregistre Percussions africaines en 1973, puis Guem et Zaka en 1978. Guem publiera une trentaine d’albums.
Avec "Le Serpent", sa composition la plus connue, qui fut au générique de l’émission "Ça se discute" de Jean-Luc Delarue sur France 2 (1994-2009), sans compter d’innombrables concerts et performances de toutes sortes, Guem est connu pour sa maîtrise d’un grand nombre d’instruments de percussion, qu’il a largement contribué à libérer de leur simple rôle d’accompagnement rythmique.
https://www.algeriades.com/guem/article/guem-1947-2021


Ezzat Al-Alaili, l’un des plus grands acteurs égyptiens de son époque, le 5 février à l’âge de 86 ans.
Il a joué dans quelque 300 films, séries télévisées et pièces de théâtre. Nous l’avons côtoyé durant les trois mois de tournage, à Tébessa dans l’Est algérien, du Moulin de Monsieur Fabre d’Ahmed Rachedi, film dans lequel Ezzat El-Alaili campait le rôle du maire de la ville, après l’indépendance du pays.
https://english.ahram.org.eg/NewsContent/50/1205/402724/AlAhram-Weekly/Culture/Ezzat-AlAlaili--A-choice-well-made.aspx


Tahar Harhoura, directeur de production pour le cinéma puis la télévision, le 2 mars à Alger des suites du Covid-19. Il avait 75 ans.
Directeur de production sur de nombreux films à l’ONCIC et, à partir du milieu des années 1990, à la télévision, Tahar Harhoura a assuré la direction de production, notamment, d’El-Hawajiz (Barrières) d’Ahmed Lallem (1977), Les Folles Années du twist de Mahmoud Zemmouri (1983), El-Qalaâ (La Citadelle) de Mohamed Chouikh (1988), Bab El-Oued City de Merzak Allouache (1994) et Les Suspects de Kamel Dehane (2003).


Bertrand Tavernier, réalisateur, scénariste, producteur et écrivain français, le 25 mars à Sainte-Maxime, à 79 ans.
On doit, notamment, à cette figure du cinéma français, Le Juge et l’assassin" (1976), Autour de minuit (1986) et Dans la brume électrique (In the Electric Mist, 2009).
https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2021/03/25/le-realisateur-bertrand-tavernier-est-mort_6074449_3382.html
On doit également à Bertrand Tavernier, La Guerre sans nom (1992), un documentaire pionnier, co-réalisé avec Patrick Rotman, avec l’aide de l’écrivain Georges Mattéi qui a fait le travail de recherche pour rassembler les témoins, tous anciens appelés d’Algérie.
https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=jw2a1wETQ_E
https://www.monde-diplomatique.fr/1992/04/ZIMMER/44329
http://guy.perville.free.fr/spip/article.php3?id_article=96


Naima Ababsa, chanteuse, le 18 avril à Alger, des suites d’une longue maladie et de complications liée au Covid-19. Elle avait 58 ans.
Sœur de la chanteuse Fella Ababsa et fille du chanteur, compositeur et interprète Abdelhamid Ababsa (1918-1998), Naima Ababsa s’est illustrée avec un répertoire qui a régulièrement emprunté à un vaste héritage musical allant de l’andalou, au hawzi, chaabi, chaoui ou staïfi.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Na%C3%AFma_Ababsa


Annie Steiner, juriste et moudjahida, le 21 avril à Alger, à l’âge de 93 ans.
Née Annie Fiorio Steiner, le 7 février 1928 à Hadjout (ex-Marengo) à l’ouest d’Alger, d’une mère française et d’un père originaire de Florence en Italie, elle est juriste de formation. Recrutée comme agent de liaison du FLN dans la capitale, Annie Steiner est arrêtée en octobre 1956 et incarcérée à la prison de Barberousse (auj. Serkadji).
Jugée en mars 1957, elle est condamnée à cinq ans de réclusion qu’elle effectuera à la prison de Maison-Carrée (auj. El Harrach) à Alger, puis à Blida, avant d’être transférée à la Petite Roquette à Paris, à Rennes et enfin à la maison d’arrêt de Pau. A l’indépendance, elle n’a plus quitté Alger.
https://www.algeriades.com/hafida-ameyar/article/annie-steiner-1928-2021


Me Abdenour Ali Yahia, le 25 avril, à l’âge de 100 ans.
Avocat, ancien ministre, co-fondateur et ancien président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), il fut un militant au long cours pour la démocratie et les droits humains en Algérie.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ali_Yahia_Abdennour
Pour aller plus loin (en berbère), ici un long entretien sur la Kabylie de son enfance, la culture et la démocratie :
https://youtube.com/watch?v=62-TKySqgRg


Zeyneb Farhat, journaliste, militante féministe et entrepreneuse culturelle tunisienne, co-fondatrice et co-directrice de l’espace culturel El Teatro, le 18 mai des suites d’un cancer. Elle avait 63 ans.
Premier espace culturel et théâtre privé tunisien, créé avec son mari l’homme de Théâtre Taoufik Jebali, El Teatro est rapidement devenu une escale obligée où l’humoriste Fellag, notamment, a d’abord posé les valises -une saison en 1994- avant de s’établir en France.
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/05/21/tunisie-deces-de-la-militante-culturelle-et-feministe-zeyneb-farhat_6081077_3212.html
https://nawaat.org/2021/05/19/hommage-a-zeyneb-farhat-une-lionne-est-morte-ce-soir/


Khaled Bouali, écrivain et dramaturge, le 31 mai à Batna, à l’âge de 63 ans.
Après des études universitaires en sciences de la Terre à Constantine, Khaled Bouali a enseigné le français en lycée, puis le théâtre et la littérature française à l’université de Batna. Auteur de nombreuses pièces, dont nous retiendrons Sans commentaires, mise en scène pour le Théâtre national algérien par Omar Maayouf en 2000 et Jugurtha mise en scène mise en scène par Sonia Mekkiou pour le Théâtre régional de Batna en 2007. C’est durant le montage de cette dernière que nous l’avons rencontré chez Sonia à Alger. Nous avons découvert un Khaled Bouali affable et enthousiaste, attelé à l’épopée de Jugurtha, illustre chef berbère, né en 155 av. J.-C., qui fut tout à la fois "roi, guerrier et résistant". Nous avons évoqué à cette occasion la parution de Jugurtha. Un Berbère contre Rome, la biographie consacrée à l’"aguellid" (roi en berbère) par Houaria Kadra-Hadjadji.
https://www.algeriades.com/sonia-mekkiou/article/sonia-mekkiou
https://www.algeriades.com/houaria-kadra-hadjadji/article/jugurtha-un-berbere-contre-rome


Khadidja Hamsi, styliste, chanteuse et aussi comédienne à ses heures, le 1er juillet du Covid-19.
Dans les Les Rameaux de feu (1983), le long métrage de Mohamed Ifticène pour la télévision, le chant de Khadidja Hamsi irrigue et structure le film adapté du Grain dans la meule de Malek Ouary (1956). Pour le théâtre et le cinéma, la styliste, qui s’inspirait du patrimoine amazigh, a conçu les costumes de Rak khouya ouana chkoun ? (Si tu es mon frère, et moi qui suis-je ?), la pièce de Slimane Benaïssa (1989), et de Adrar n’Baya ("La Montagne de Baya"), le film de Azzeddine Meddour (1997).


Hadj Miliani, universitaire et chercheur, est décédé le 2 juillet à Oran.
Né en 1951 à Oran, professeur de littérature à l’université de Mostaganem et chercheur associé au CRASC, Hadj Miliani, qui se déclarait "actif sur les territoires de la culture locale", a publié de nombreuses contributions et des livres dont on citera L’Aventure du raï. Musique et société, co-écrit avec Bouziane Daoudi (1996), Sociétaires de l’émotion. Études sur les chants et musiques d’Algérie d’hier et d’aujourd’hui (2005) ou encore Des louangeurs au home cinéma en Algérie : Études de socio-anthropologie culturelle (2010).
https://milianihadj.wordpress.com/about/


Lyazid Khodja, cinéaste, producteur et exploitant, le 11 juillet à Marseille, à l’âge de 76 ans.
Né en 1945 à M’Sila, neveu du cinéaste Mohammed Lakhdar Hamina, Lyazid Khodja fut élève de l’éphémère Institut du cinéma de Ben Aknoun à Alger (1964-1966) avant de poursuivre des études de sociologie à l’Université d’Alger. Tour à tour monteur de films, animateur de la Cinémathèque algérienne, responsable de l’audiovisuel au ministère de la Culture, directeur des productions à l’ex-ONCIC, chef de division audiovisuel à l’Office Riadh el-Feth, animateur-gérant de la Filmathèque Mohamed-Zinet de Riadh el-Feth, après sa privatisation, il fut également producteur de films.
Lyazid Khodja a enfin écrit, produit et co-réalisé, avec Rachid Benallal, Si Mohand ou M’hand, l’insoumis (2004).
https://www.algeriades.com/lyazid-khodja/article/le-cineaste-et-producteur-lyazid


Abdelhakim Meziani, journaliste et homme de culture, le 22 juillet à Alger des suites d’une longue maladie.
Né en 1949 à Alger, premier responsable de la défunte Fédération algérienne des ciné-clubs de 1972 à 1984, chroniqueur culturel au long cours, amateur de musique andalouse, - il fut membre fondateur en 1981, puis président de l’associations de musique andalouse El Fakhardjia -, Hakim Meziani a longtemps officié comme communicant auprès de plusieurs organismes et entreprises, publics et privés, et notamment en tant que directeur de la communication du groupe Algérie Télécom, entre 2006 et 2014.
Celui qui a également été libraire au centre des arts de Riadh el-Feth, a animé ces dernières années "l’Agora du livre”, des rencontres littéraires en relation avec l’éditeur public Enag. Il a en outre produit et animé jusqu’à l’arrêt de la chaîne privée Dzair TV, en 2019, un magazine culturel "Escales méditerranéennes".


Hassan Assous, metteur en scène, comédien et ancien directeur du Théâtre de Sidi Bel Abbès, le 23 juillet, après un malaise cardiaque. Il avait 72 ans.
Né à Alger au sein d’une famille originaire de Jijel, Hassan Assous a fait ses classes de comédien dans les spectacles La Guerre de 2000 ans (1974), Palestine trahie (1977) et Le Roi de l’Ouest (1977) de la troupe de Kateb Yacine.
En 1989, à la suite d’Abdelkader Alloula qui créé la coopérative du 1er Mai à Oran (1988) et de M’Hamed Benguettaf, Ayad Ziani-Cherif Azzeddine Medjoubi, Sonia qui créent Masrah el-Qalaa (Le Théâtre de la Citadelle) à Alger (1989), Hassan Assous et un collectif de comédiens du Théâtre de Sidi Bel Abbès, dont sa compagne Fadila Assous, créent une coopérative indépendante, Lamalif. La coopérative d’illustrera en particulier avec El-Besma el-mejrouha (Le Sourire blessé), spectacle mis en scène par Hassan Assous, d’après un texte de Omar Fetmouche. Créée en décembre 1992 à la salle El Mouggar à Alger, la pièce sera jouée en Tunisie, en Grande Bretagne et en Italie.
En 2010, Hassan Assous a obtenu le Grand Prix du 5e Festival national du théâtre professionnel avec Chadhaya (Fragments), un travail sur Nedjma de Kateb Yacine réalisé par Youcef Mila. Le metteur en scène et le dramaturge ont également repris Ghobrat el fhama, d’après La Poudre d’intelligence, également de Kateb Yacine.





Farid Kessaïssia aka Farid le Rocker, humoriste et comédien, le 12 juillet à Alger, d’un arrêt cardiaque. Il avait 62 ans.
Nous avons rencontré Farid Kessaïssia, dit Farid le rocker ou encore Farid de Bab el-Oued, dès 1984 au Bois des arcades de Riadh el-Feth, où il était venu assister à un concours de Breakdance. Un photographe a immortalisé son passage où Farid prend la pose, habillé et coiffé en rocker, en compagnie d’un autre rocker comme lui, venu de la Cité Malki, sur les hauteurs d’Alger.
Sa figure, son humour et son franc-parler se sont imposés grâce au réalisateur Aziz Smati, d’abord dans de fausses publicités déjantées au milieu des années 1980, puis à la télévision où il apparaîtra au début des années 1990 comme co-animateur de l’émission de variétés Bled Music, aux côtés de Kamel Dynamite et Samia Benkherroubi.
Farid Kessaïssia poursuivra une carrière de comédien à la télévision dans des séries comme Nass Mlah City et Djemaï Family de Djafar Gacem, Imarat Hadj Lakhdar de Lakhdar Boukhors ou encore Dar laajeb d’Amin Boumediene.


Saïd Hilmi, comédien, le 4 août à Alger, à 82 ans.
Depuis le début des années 1970, e comédien a joué dans un grand nombre de films comme Moukafeh de Benamar Bakhti (1974), Zone interdite d’Ahmed Lallem (1975), Ali au pays des mirages (1978) et Le Moulin de M. Fabre (1983) d’Ahmed Rachedi ou Serkadji de Hadj Rahim (1982). Sur les planches, Saïd Hilmi s’est illustré en particulier dans El Qardach h’fa (1992) que nous avons accueilli sur la scène du Petit Théâtre de Riadh el-Feth.


Mohamed Aiche, chef opérateur à la télévision, passé à la réalisation, le 17 août à Alger.
Chef opérateur dès le début des années 1970, sur nombre de films à la télévision de Lamine Merbah, Benamar Bakhti ou Abdelghani Mehdaoui, passé à la réalisation, il laisse plusieurs documentaires tels que Le Raï (1998), Une mère pour tous (1999), sur l’enfance abandonnée et l’adoption, ou encore Taous, une dramatique tirée de La Ménagerie de verre de Tennessee Williams, adaptée pour la télévision par Mohamed Farah et mise en scène par Sonia.


Omar Guendouz, comédien, le 1er septembre à Blida, à l’âge de 71 ans, des suites d’une infection au Covid-19.
Né en 1950 la Casbah d’Alger, diplômé du conservatoire national d’Alger où il fut l’élève de Mahieddine Bachetarzi et de Allel el-Mouhib, après un galop d’essai dans la pièce Boualem zid el-goudam de Slimane Benaïssa (1974), il s’impose au grand public en 1982 avec le succès de Babor ghraq (Le Bateau coule) du même Slimane Benaïssa, aux côtés du dramaturge et de Sid Ahmed Agoumi.
On le reverra ensuite dans différents films et séries à la télévision. Nous l’avons ainsi connu en 1980, avec son côté pince sans rire, sur le tournage de trois dramatiques pour la télévision réalisées par Belkacem Hadjadj.


Hadj Smaïne, acteur et metteur en scène, ancien directeur du Théâtre de Constantine, le 6 septembre à Los Angeles où il séjournait chez ses enfants.
Né Hadj Smaïn Mohamed Seghir, en 1932 à Constantine, il a été des tout débuts du Théâtre national (Tna) avec La Vie est un songe de Calderón de la Barca, adaptée par Mustapha Kasdarli et mise en scène par Mustapha Kateb (1963) ou encore Rose rouge pour moi de Sean O’Casey, adaptée par Mustapha Kateb et mise en scène par Allel El-Mouhib (1964).
Au cinéma et à la télévision, Hadj Smaïne figure au générique, notamment, de La Bataille d’Alger (1965) de Gillo Pontecorvo (1965), du Vent des Aurès (1966) et de Chronique des années de braise (1975) de Mohammed Lakhdar-Hamina ou encore des Enfants de novembre de Moussa Haddad (1975). Plus récemment Hadj Smaïne a été à l’affiche d’Axis of Evil (L’Axe du mal) et Sharia (2012) de son fils Anouar H. Smaïne établi aux Etats-Unis.


Brahim Tsaki, cinéaste, le 9 septembre à Paris. Il était âgé de 75 ans.
Né en 1946 à Sidi Bel Abbès, Brahim Tsaki est élève de l’Ecole d’art dramatique de Bordj el-Kiffan à Alger, avant de rejoindre l’Institut des arts de diffusion (IAD) de Louvain la Neuve, dont il sort diplômé en réalisation en 1972. Pour nombre de cinéphiles et de critiques, Brahim Tsaki restera d’abord l’auteur des Enfants du vent (1980), son premier long métrage. Dans ce film en trois tableaux et en noir et blanc, le cinéaste observe avec tendresse les jeux de l’enfance.
https://www.algeriades.com/brahim-tsaki-براهيم/article/brahim-tsaki-1946-2021


Yacef Saâdi, ancien chef de la zone autonome d’Alger durant la Bataille d’Alger, le 10 septembre à Alger, à l’âge de 93 ans.
On doit à Yacef Saadi, outre ses mémoires de de la lutte pour le contrôle de la Casbah d’Alger durant la guerre d’indépendance, l’initiative de La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo, d’être allé chercher le cinéaste et d’avoir produit le film lauréat du Lion d’or à Venise en 1966.
Casbah Films, la société créée par Yacef Saadi pour les besoins de La Bataille d’Alger, a également produit L’Étranger (Lo straniero) de Luchino Visconti (1967) et Trois pistolets contre César (Tre pistole contro Cesare) d’Enzo Peri et Moussa Haddad (1967), un western tourné à Bou Saada.
Plus rare, le documentaire Mains Libres d’Ennio Lorenzini (1965) est une fresque en couleurs sur l’Algérie d’avant 1962 et celle des promesses d’avenir. Réalisé pendant l’hiver 1964-1965, montré à Alger lors d’une unique projection en août 1965 au cinéma Afrique, puis en marge du Festival de Cannes 1965, il a disparu depuis. Mains Libres, qui vient d’être restauré par le Centre algérien de la cinématographie (CAC), a été projeté le 30 septembre dernier à la Cinémathèque algérienne, en hommage à son producteur Yacef Saadi.
https://algeriades.com/gillo-pontecorvo-%D8%AC%D9%8A%D9%84%D9%88/article/la-bataille-d-alger-de-gillo


Rabah Driassa, auteur, compositeur et interprète, le 8 octobre à Blida, à l’âge de 87 ans.
Célébrité de la chanson populaire algérienne depuis les années 1960, figure de l’artiste officiel du pays, sur le petit écran comme lors de festivals et de manifestations culturelles à l’étranger, auteur d’un très grand nombre de succès comme "Atilou ezzalamite", "Ya el goumri eddi slami lel ghorba" (Ô pigeon transmets mon salut à nos compatriotes à l’étranger), "Hizb ethouar" en hommage aux combattant de l’indépendance, "Mabrouk alina" à la gloire de l’équipe nationale de football du Mondial 1982, "Ana Djazairi" (Je suis Algérien) ou encore "Yahiaw wled bladi" (Que vivent les enfants de mon pays).
En 1975, à la faveur d’une série de galas consacrés aux vedettes du monde arabe, Rabah Driassa s’est produit sur la scène prestigieuse de l’Olympia à Paris.


Omar Carlier, historien, le 22 octobre à Enghien-les-Bains
Né Jean-Louis Carlier, en 1943 à Eaubonne (région parisienne), parti en Algérie en 1969, dans le cadre de la coopération et devenu Omar Carlier, il se passionne durablement pour l’histoire du mouvement national algérien et de ses acteurs, petits ou grands. Il était retourné en France en 1993, au début des années de terrorisme en Algérie.
Sous le titre de "Retour vagabond sur une traversée de la mer" (Le Temps de la coopération, 2012), Omar Carlier s’épanche sur la fin de ses études à Paris lorsque désireux de servir comme enseignant en coopération, en rêvant du grand large,
il est affecté à la faculté de droit d’Oran, où il arrive en 1969, ce qui lui fera écrire : "Va pour Oran, dont je ne peux imaginer alors qu’elle deviendra ma ville d’adoption, et l’Algérie ma seconde patrie".
https://iremam.hypotheses.org/7220
https://books.openedition.org/psorbonne/55487


Bernard Rancillac, peintre et sculpteur français, le 29 novembre, à l’âge de 90 ans.
Pionnier de la Figuration narrative, Bernard Rancillac n’hésitait pas à déclarer : "Je voulais m’opposer à cette idée que la peinture n’a rien à voir avec l’événement, avec l’Histoire, qu’elle est intemporelle, qu’elle doit rester pure, neutre".
En 1964, Bernard Rancillac a compté parmi les 80 artistes qui firent don d’œuvres à l’Algérie pour "témoigner des épreuves de la guerre et des espoirs de la décolonisation" et "constituer un fonds contemporain". Durant la décennie 1990, Bernard Rancillac a témoigné à sa façon de la barbarie des assassinats, en particulier de femmes, dans une Algérie devenue le théâtre de "soubresauts d’une histoire délirante". En 2008, il était invité à l’exposition "Les Artistes internationaux et la guerre d’Algérie".
https://algeriades.com/les-artistes-internationaux-et-la/article/les-artistes-internationaux-et-la


Saloua, née Fettouma Lemitti, chanteuse, le 9 décembre à Alger, à l’âge de 86 ans. Nous avons eu le plaisir d’accueillir cette figure du hawzi et de la chanson algérienne, en 1987 à la salle Ibn Zeydoun de Riadh el-Feth, pour un concert en compagnie d’El Hachemi Guerouabi, au profit de l’Association Enfance et familles d’accueil bénévoles (AEFAB) du regretté Témi Tidafi.


Smaïl Lakhdar-Hamina, directeur de photographie, le 14 décembre à Alger, à l’âge de 78 ans.
Durant sa carrière entamée avec Hassan Terro de son cousin Mohammed Lakhdar-Hamina (1968), il fut chef opérateur, notamment, sur Omar Gatlato (1976) et Les Aventures d’un héros (1978) de Merzak Allouache, Le Refus de Mohamed Bouamari (1982), L’Empire des rêves de Jean-Pierre Lledo (1982) et Camp de Thiaroye, la coproduction sénégalo-algérienne d’Ousmane Sembene et Thierno Faty Sow (1987).

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