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J’ai huit ans de Yann Le Masson et Olga Poliakoff

En 1962, Yann Le Masson a été invité par la Fédération de France du FLN à filmer une rencontre à Paris d’une vingtaine de militantes algériennes à leur sortie de la prison de Rennes. Longtemps disparues, les images sont réapparues au début des années 2000, mais sans la bande son. Après avoir un temps songé à solliciter l’aide de professionnels de la lecture sur les lèvres, Yann Le Masson s’est finalement résolu à confier ces images à l’une de ses connaissances désireuse d’en faire la matière d’un documentaire original. Les mots qu’elles eurent un jour de Raphaël Pillosio (2024), sort en salles le 11 juin 2025.

J’ai huit ans a été réalisé à partir de dessins et de récits d’enfants réfugiés algériens, ceux de l’école Salammbô dont s’occupait le Dr Frantz Fanon dans la banlieue de Tunis. Saisi à de très nombreuses reprises (17), le film attendra 1974 avant de se voir accorder un visa d’exploitation en France. La revue Partisans, éditée par François Maspero, sera en outre saisie pour avoir publié le texte du commentaire.

"Sa première projection eut lieu à Paris le 10 février 1962, sans précautions, sans autorisation, sans faux-fuyants, pour une cinquantaine de personnes, se souviendra Yann Le Masson [...] L’avant-veille, c’était Charonne. Parrainé par le Comité Maurice Audin, le film circula ensuite clandestinement dans toute la France, par dizaines de copies, et fut vu par des dizaines de milliers de personnes alors que l’OAS plastiquait à Paris comme à Alger".

Fils d’un officier de Marine, élève de l’IDHEC dont il sort avec un diplôme de chef opérateur, mobilisé en Algérie comme officier parachutiste, d’août 1955 à avril 1958, Yann Le Masson (1930-2012) protestera par les moyens de son art contre les guerres coloniales et apportera son aide au FLN algérien en France. Outre J’ai huit ans (1961) et Sucre amer (1963), tous deux interdits en France durant dix ans, il est également l’auteur de Kashima Paradise (1973), coréalisé avec Bénie Deswarte et lauréat du Prix Georges-Sadoul. Yann Le Masson est en outre le cofondateur, en 1974, avec Jean-Michel Carré et Serge Poljinsky, du collectif de production audiovisuelle les films Grain de Sable.



J’ai huit ans de Yann Le Masson et Olga Poliakoff (8’37)


21 setembro 2025, Sopros e Ecos das Resistências Anticolonialistas, Lisbon / Estúdio Centro de Arte Moderna Gulbenkian


 4 - 11 juillet 2020 sur le site de la Cinémathèque française
 17 - 24 août 2019, "Algériennes·Algériens", 42e Festival de cinéma de Douarnenez
 11 - 25 mai 2018, Enfants algériens réfugiés en Tunisie (1957-1962), Paris / Centre culturel algérien
 12 avril 2012, Hommage à René Vautier, Paris / Maghreb des Films / Cinéma 3 Luxembourg
 12 avril 2012, J’ai huit ans de Yann Le Masson et Olga Poliakoff + Octobre à Paris de Jacques Panijel, "Retours vers le futur", Châteauroux / Cinéma Apollo, 4, rue Albert 1er, 36000 Châteauroux
> Séance présentée par Sébastien Layerle, maître de conférences à l’Université de la Sorbonne Nouvelle-Paris 3
 1er février 2012, "La guerre d’Algérie, images et représentations", Paris / Forum des Images
 4 - 14 mars 2006, 17è Festival Travelling de Rennes
 30 mars 2005, Cycle "Colonies", Forum des Images, Paris 1er



J’ai huit ans
un film de Yann Le Masson et Olga Baïdar-Poliakoff
Dessins recueillis par René Vautier
(8 min., Fr/Tun, 1961-1974)